• Pourquoi une transition ?

    CONSTATS

    Le développement des sociétés occidentales a engendré de nombreux drames humains: génocides, guerres, esclavages, colonisations, génocides culturels…

    Ces drames ont conduit au sortir de la première guerre mondiale puis de la seconde guerre mondiale à un rassemblement pacifique des nations (Société des Nations, Organisation des Nations Unies, Union Européenne…) dans le but de ne pas reproduire les horreurs du passé, et dans ce contexte à l’apparition progressive de droits fondamentaux et de traités internationaux: Déclaration universelle des droits de l’Homme, Déclaration des droits de l’Enfant, Déclaration sur les droits des peuples autochtones…

    Ce rassemblement exceptionnel dans l’histoire de l’humanité n’est qu’une première étape, il a permis une pacification partielle à l’échelle internationale, mais il demeure toujours un immense fossé d’égalité, entretenu par le néocolonialisme et les multinationales(1), entre les pays et populations à revenus élevés et les pays et populations à faibles revenus.

    «Une minorité a légalisé le droit à piller ce qui est nécessaire à la survie de tous. La démesure des uns provoque la ruine et l’indigence des autres» (Pierre Rabhi)

    • 50% de la population mondiale vit avec moins de 2,5 dollars par jour, et près de 1,2 milliard de personnes vivent avec moins de 1,25 dollars par jour(2)
    • Depuis 2015, les 1% les plus riches, qui vivent presque tous dans des pays à revenus élevés, détiennent autant de richesses que le reste de la planète(3)

    D’après le principe de responsabilité commune mais différenciée des états, il apparaît que le développement des pays occidentaux depuis la révolution industrielle du 19ème siècle est la principale cause de la dégradation de l’environnement terrestre.

    «La généralisation du modèle consumériste occidentale se heurte déjà aux limites écologiques de la planète. Notre façon de produire et de consommer n’est pas soutenable» (Rapport d’orientation – Attac 2013)

    Pour une grande partie de la communauté scientifique, la terre est entrée dans une nouvelle ère géologique, «l’Anthropocène», ère dans laquelle l’homme est devenu l’une des principales forces géophysiques de la planète, avec comme conséquences directes l’altération de l’atmosphère, de l’hydrosphère, de la lithosphère et de la biosphère terrestres.

    Selon le groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (GIEC) le pire des scénarios climatiques est en train de se réaliser(4). Et, pour certains scientifiques, l’explosion démographique et ses conséquences, la boulimie énergétique, productiviste et consumériste mèneraient l’humanité à sa perte(5).

    «Sans conscience de la relation d’interdépendance qui nous lie à notre environnement, nous nous croyons seuls au monde» (Pierre Rabhi)

    • L’humanité utilise l’équivalent de 1,3 planètes chaque année. La terre a donc besoin d’un an et quatre mois pour régénérer ce que nous utilisons en une année. Et, selon l’ONU, la population mondiale devrait atteindre 9,7 milliards d’ici 2050(6)
    • Entre 1970 et 2012, les populations mondiales de poissons, d’oiseaux, de mammifères, d’amphibiens et de reptiles ont régressé de 58%. La biodiversité s’écroule; pour nombre de scientifiques la sixième extinction animale de masse est en cours(7)

    Nos sociétés contemporaines, mondialisées et urbanisées, traversent de profondes crises sociales et écologiques, elles abîment l’homme et la nature et mettent en périls la diversité de la vie humaine, animale et végétale sur terre(8). «Le divers décroit. Là est le grand danger terrestre» (Victor Segalen)

    Selon le centre de vols spatiaux Goddard de la NASA, la civilisation moderne et industrielle serait vouée à disparaître(9) : «La rareté des ressources provoquée par la pression exercée sur l’écologie et la stratification économique entre riches et pauvres ont toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement. Du moins au cours des cinq mille dernières années».

    Dans le passé, plusieurs civilisations ont été confrontées à un changement climatique. Trop complexes, trop pesantes sur les écosystèmes environnants et incapables de renoncer à leur mode de vie, certaines ont tout simplement disparu. De quoi nous rappeler la fragilité de nos propres sociétés(10).

    DEVOIRS

    Ces différents constats mettent en évidence l’urgence sociale et écologique mondiale et illustrent l’existence d’un devoir d’empathie et d’engagement des pays et populations à revenus élevés envers les pays et populations à faibles revenus, le vivant, et les générations futures.

    «Le défi majeur pour pouvoir éradiquer la pauvreté n’est pas de croître indéfiniment, mais d’obtenir une distribution équitable de la richesse qui soit possible sous les limites du système terrestre. Dans un monde ou une petite minorité de la population détient la majorité des richesses de la planète, il n’est pas possible d’éradiquer la pauvreté et de restaurer l’harmonie avec la nature» (Lignes d’Attac – avril 2012)

    Un changement radical de société s’impose pour éviter les pires catastrophes humaines, sociales, écologiques et politiques: changeons le système, pas le climat(11)

    Le paradigme actuel construit autour de la compétition et du dualisme doit faire place à un autre paradigme construit autour de la coopération, de la fraternité et de l’interdépendance. «Il est évident qu’un changement de paradigme est nécessaire pour la survie de notre espèce, replaçant le respect de l’humain et de la nature au cœur de nos préoccupations» (Pierre Rabhi)

    Il nous faut également «décoloniser nos imaginaires»: une croissance illimitée dans un monde limité est une absurdité. Par conséquent, nos sociétés se dirigent soit vers une décroissance subie, incontrôlée et inégalitaire, soit vers une décroissance choisie, maîtrisée, et partagée de façon solidaire(12).

    «Rompre avec la croissance serait non seulement une garantie de réduction de gaz à effet de serre mais aurait l’autre avantage de nous obliger à réfléchir à une réorganisation plus équitable et plus durable de nos sociétés» (Fabrice Flipo)

    Relocaliser permet de résister face à la mondialisation qui uniformise les cultures et engendre des inégalités sociales et des désastres écologiques toujours plus importants. «Loin d’opposer les peuples entre eux, la relocalisation est un moyen de définir de nouveaux modes coopératifs de production et de consommation partout respectueuse de la démocratie, des besoins sociaux et des limites de la planète» (Rapport d’orientation – Attac 2012)

    Face au modèle de société compétitif, individualiste et court-termiste d’aujourd’hui, basé sur la surconsommation d’une minorité de la population mondiale, et générateur de déséquilibres sociaux et environnementaux, il devient urgent d’agir pour une transition sociale, solidaire et écologique vers des sociétés justes, soutenables et conviviales, où l’économie est au service des hommes et du vivant, et ceci, afin de répartir les richesses au niveau mondial et de protéger les écosystèmes planétaires.

    «Les deux solutions-clés sont de réduire les inégalités économiques afin d’assurer une distribution plus juste des ressources, et de réduire considérablement la consommation de ressources en s’appuyant sur des ressources renouvelables moins intensives et sur une croissance moindre de la population» (centre de vols spatiaux Goddard de la NASA(9))

    Le rassemblement pacifique des peuples et des nations entrepris antérieurement doit être poursuivi en mettant la Solidarité humaine et l’Écologie profonde(13)  au centre de toutes nos actions:

    Pour un monde harmonieux, partageons les richesses et protégeons la nature

    OBJECTIFS

    La Solidarité humaine et l’Écologie profonde sont les fondations pour construire un altermonde, un monde respectueux et protecteur du vivant sous toutes ses formes.

    Il devient impératif de rassembler les peuples et les nations autour de ces deux axes indissociables:

    • La Solidarité afin de partager équitablement les richesses matérielles et immatérielles
    • L’Écologie afin de minimiser l’impact de l’activité humaine sur les écosystèmes planétaires

    Et suivant des objectifs précis:

    • Agir pour la progression des droits de l’homme et des libertés fondamentales dans le monde
    • Agir pour la progression des droits de l’homme et des libertés fondamentales en France
    • Agir pour la construction de sociétés justes, équitables et responsables
    • Agir pour la réduction de l’empreinte écologique globale(14)
    • Agir pour la protection du patrimoine naturel, de la biodiversité, et pour les droits de l’animal
    • Agir pour la construction de sociétés soutenables, préventives et autonomes

    Ce rassemblement pour une transition sociale, solidaire et écologique vers des sociétés justes, soutenables et conviviales doit être une priorité et un engagement à tous les niveaux de la société (individuel, collectif, politique) pour qu’un changement profond soit envisageable.Et ceci, afin que chaque être humain puisse, bénéficier d’un niveau de vie décent et conforme aux droits de l’homme et libertés fondamentales, vivre dans un environnement sain et diversifié, et qu’il en soit ainsi pour les générations futures.

    «Une croissance indéfinie est impossible, nous n’avons qu’une seule Terre, mais une civilisation du bonheur est possible» (René Dumont)

    Nos sociétés contemporaines doivent dépasser la vision anthropocentrique du monde qui place l’homme au centre de l’univers et conçoit la nature comme une ressource, et, suivre l’exemple des peuples autochtones qui gèrent depuis des millénaires leur environnement de façon durable, vivent en interdépendance et en profonde harmonie avec la nature(15). Ainsi, ce n’est plus l’objectif de progrès par le développement économique et technique qui doit guider nos sociétés, mais l’objectif d’harmonie (harmonie entre les hommes et harmonie avec la nature) grâce au partage et à la modération.

    «Le temps de la puissance de la modération, constitutive de l’essor d’un vivre-ensemble généreux et solidaire, est aujourd’hui la seule évidence» (Pierre Rabhi)

     

    Sources:

    (1):http://www.clac-montreal.net/sites/default/files/AtelierG20_%20imperialisme_7avril.pdf

    (2): Rapport sur le développement humain 2014 du PNUD http://hdr.undp.org/sites/default/files/hdr14-summary-fr.pdf

    (3): Document d’information d’Oxfam 2017 https://www.oxfamfrance.org/sites/default/files/rapportdavos2017methodologie.pdf  http://www.youtube.com/watch?v=L4YFNuv0CFM&app=desktop

    (4):http://www.rac-f.org/Le-5eme-rapport-du-GIEC  http://leclimatchange.fr/

    (5):http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2447_extinction_espece_humaine.php http://biosphere.ouvaton.org/de-2005-a-2008/1357-2006-lexplosion-demographique-dalbertjacquard-ed-le-pommier

    (6):http://www.footprintnetwork.org/fr/index.php/GFN/page/world_footprint/ http://www.unmultimedia.org/radio/french/2015/07/onu-un-nouveau-rapport-sur-lapopulation-mondiale-prevoit-97-milliards-dhabitants-en-2050/#.WFACodTMRdg  http://demographie-responsable.org/

    (7):http://www.wwf.fr/vous_informer/rapport_planete_vivante_2016/   http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/changement-climatique-cop-21changement-climatique-menace-survie-recifs-coralliens-60699/  http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/06/20/la-sixieme-extinction-animale-de-masseest-en-cours_4658330_3244.html

    (8):http://assets.survivalinternational.org/static/files/related_material/604_1098_progres_sur vival.pdf  http://www.notre-planete.info/actualites/4537-chute-biodiversite-Planete-Vivante-2016

    (9):http://www.slate.fr/life/84675/notre-civilisation-condamnee-nasa  http://tempsreel.nouvelobs.com/sciences/20140319.OBS0385/pourquoi-la-nasa-prevoit-ladisparition-de-notre-civilisation.html

    (10):http://adrastia.org/comment-tout-peut-seffondrer-pablo-servigne-raphael-stevens/

    (11):https://france.attac.org/nos-publications/brochures/article/petit-guide-de-lanthropocene-changeons-le-systeme-pas-le-climat

    (12):http://1libertaire.free.fr/SLatouche21.html  http://www.partipourladecroissance.net/?cat=3 https://mrmondialisation.org/decroissance-et-simplicite-volontaire-quand-la-science-senmele/

    (13):http://www.pyrenees-pireneus.com/Ecologistes-Ecologie/Ideologie/Ecologieprofonde.pdf http://ecorev.org/spip.php?article740

    (14):http://www.footprintnetwork.org/fr/index.php/GFN/page/at_a_glance/

    (15):http://www.survivalfrance.org/protection-nature  http://raoni.com/campagnes/Alliance/Alliance-des-Gardiens-de-Mere-Nature_presentationfr.pdf